De passage à Rocamadour cet été avec une troupe de scouts, j’ai encore été frappé par la beauté et la puissance spirituelle qui se dégage de ce petit sanctuaire marial du Lot.

Accroché à flanc de falaise, comme suspendu dans le vide entre le château au sommet et le village dans la vallée, la chapelle de la Vierge Noire accueille depuis le VIIIème siècle au moins, des foules de pèlerins anonymes ou célèbres venus prier Notre Dame avec l’ermite Amadour (qui vécut en ces lieux).

Depuis Roland (le neveu de Charlemagne) qui offrit son épée à Marie jusqu’à Sœur Emmanuelle en passant par Saint Bernard, Saint Louis ou encore Francis Poulenc (qui composa en ces lieux les merveilleuses litanies de la Vierge Noire) c’est toute une foule ininterrompue de visages qui forme l’Église, réalité vivante qui traverse les siècles malgré les vicissitudes des temps et les péchés de ses membres, et qui vient adorer son Seigneur présenté sur les genoux de sa Sainte Mère comme en un Trône de la Sagesse.

En gravissant à mon tour le grand escalier de pierre à flanc de roche, je pensais à notre paroisse, à tous ces visages qui la composent, et je les offrais à la protection maternelle de la Vierge Marie.  Parvenu au sommet, je fus accueilli sur le parvis par les jeunes bénévoles chargés de guider les pèlerins et de les rafraichir d’un verre d’eau. Sur leur polo bleu, la devise de Rocamadour se détachait en lettres blanches :

« L’Espérance solide comme le roc »

C’est le message que j’ai reçu pour nous qui commençons une nouvelle année pastorale et scolaire. Sans doute, après la trêve estivale, des pensées diverses nous assaillent. Nous pouvons ainsi être partagés par la joie de la reprise, la découverte de nouveaux projets qui nous enthousiasment mais aussi hélas, parfois, par le découragement, la crainte ou le « à quoi bon ! »

Notre Dame de Rocamadour est mère d’Espérance, cette vertu théologale si négligée et pourtant si nécessaire. Il ne s’agit pas d’un vague espoir qui ne serait qu’une chimère, vague consolation pour les faibles. Non, l’espérance est la certitude de posséder ce qu’on ne voit pas encore. Elle nous tire en avant et comme le soulignait Charles Péguy, elle tient fermement en main ses deux grandes sœurs que sont la foi et la charité. Notre espérance n’est pas vaine, elle est solide parce qu’elle se fonde sur le Christ qui est le roc, la pierre d’angle sur laquelle s’élève l’Église.

Il ne faut donc pas se tromper de combat. Tout ce qui ne repose pas sur Lui est voué à l’échec et à l’effondrement. Toutes nos projections et nos orientations sur l’Église ne peuvent pas tenir car lui seul est la tête de ce corps mystique qu’est notre Église et elle ne peut que se recevoir de lui.

Voilà notre espérance. Cette année, pratiquons ensemble, en paroisse, la vertu d’espérance. Soyons affermis dans le Christ et nous rayonnerons alors de sa charité. Je souhaite à tous une belle année pastorale.

Bonne rentrée. Soyez dans la joie, ce fruit de l’espérance, car le Seigneur veille.

Abbé Hervé GODIN, Curé