C’est une chasuble « mariale » qui m’est offerte à l’occasion de mon départ. Je vous remercie pour ce beau choix, pour votre grande générosité, pour vos précieux messages d’amitié, de reconnaissance et de soutien reçus ces dernières semaines et
pour votre prière fidèle, parfois secrète…

M’habiller de votre cadeau, c’est m’entourer de votre prière, vous porter dans la Àmienne et apprendre à vivre ce départ à l’école de Marie.

Regarder Marie qui, sitôt l’Annonciation, « se rendit avec empressement vers la région montagneuse de Judée » (Lc 1,39).

La mission n’attend pas ! La charité la pousse à partir servir sa cousine enceinte, quittant la familiarité et le confort de Nazareth pour les premiers mois de sa propre grossesse… Quelle surprise, en arrivant, d’entendre Elisabeth l’appeler « mère de mon Seigneur » (Lc 1,43). La voici donc déjà dans le « secret de Dieu » ! Marie peut alors joyeusement partager avec elle les joies et les inquiétudes de sa mystérieuse maternité. Oui, Marie peut chanter « les merveilles du Seigneur » (Lc 1,46-47) ; elle voit ici comment il la précède et lui donne ce dont elle-même a besoin.

Regarder Marie qui, douze ans plus tard, après la fête de Pâque, « retourne à Jérusalem » (Lc 2,44-45) pour chercher Jésus qui n’est plus avec la caravane familiale du pèlerinage.

Elle se met en route avec tant de questions et d’inquiétude : comment ? où ? pourquoi ? (Lc 2,48-49)… Même lorsque Jésus est retrouvé, « Marie et Joseph ne comprirent pas » tous les enjeux de cet inimaginable ‘déplacement’ (Lc 2,50). Il est bon de voir ainsi que la foi n’empêche pas le questionnement et la douleur dans l’épreuve. Marie nous apprend alors à « garder dans son cœur tous ces événements » (Lc 2,51) pour qu’ils portent leur fruit dans la prière.

Regarder Marie qui monte au Ciel avec son âme et son corps.

C’est le grand départ ! Vers le Royaume où demeure tout ce qui est juste et bon. Vers la demeure éternelle où Dieu « fait toutes choses nouvelles » (Ap 21,5) sans rien perdre des vraies joies, beautés et bontés, vécues ici-bas. Les liens tissés dans cette vie tissent ceux de l’éternité. Qu’elle est grande et précieuse cette espérance ! C’est elle que nous fêterons le 15 août, à la Fleurancellerie, à la Bernardière, ou ailleurs… Là où je serai ce jour-là (en vacances !), je porterai ma chasuble « mariale » bien uni à vous tous. A l’école de Marie, je rendrai grâce d’avoir été, certes bien pauvrement mais par appel de Dieu, votre curé pendant 4 ans.

p.Stéphane, curé