Avec le retour du printemps, toute la nature semble exploser de vie. Les fleurs sortent de terre et les arbres se parent de leur manteau vert tendre. La nature renaît après la trêve hivernale où tout semblait en sommeil, immobile et désolé.

L’Église a fixé à la première lune du printemps la fête la plus importante de son cycle liturgique. Pâques coïncide ainsi avec le premier dimanche qui suit la première nouvelle lune du printemps. Ce choix symbolique (qui fait donc varier la date de Pâques chaque année contrairement à celle de Noël) permet de relier le grand mystère pascal, commencement de la création nouvelle, avec le retour de la vie dans le cosmos.
La Tradition veut ainsi que le jour de Pâques, on s’échange des œufs (aujourd’hui en chocolat – et ce depuis le XVIIIème siècle – ils étaient auparavant réels.) L’œuf exprime parfaitement le renouveau, il est un signe de vie nouvelle, de nouveauté (comme l’exprime parfaitement en français l’assonance entre un œuf et neuf)

L’œuf est depuis l’antiquité païenne le signe de la vie qui remporte la victoire sur la mort. Vie qui surgit du tombeau comme le figure la coquille rigide qui se brise pour faire jaillir le vivant. L’œuf marque aussi le signe de la profusion et de l’abondance. En effet, les règles du carême (et ce jusqu’au XVIème siècle) interdisaient aux fidèles la consommation d’œufs par souci de jeûne. On faisait une pause dans ce jeûne à la mi-carême (soit au bout de 20 jours = temps de péremption des œufs) pour ne pas perdre la production. Mais à Pâques, les tables regorgeaient d’œufs qu’on peignait en rouge signe du sang du Christ.

L’œuf est donc un symbole pascal fort. Il vient du paganisme mais il a été adopté par l’Église pour traduire dans le quotidien de la vie des fidèles la victoire de la vie. Car Pâques c’est le triomphe de la vie nouvelle. Non pas de la nouvelle vie, car le ressuscité est le même que celui qui est mort sur la croix. La résurrection n’est pas une réincarnation (les deux systèmes ne sont pas compatibles et la deuxième n’est pas chrétienne) La résurrection, plus fort que la réincarnation, est le triomphe de la vie par-delà la mort, le renouvellement de la
vie pour toujours. Comme le dit le Seigneur dans le livre d’Isaïe (43,19): « voici que je fais toutes choses nouvelles. » Il nous est bon dans ces temps difficiles de réentendre cette parole de Dieu pour nous. Le
monde peut aller vers sa ruine, du moins en apparence, Dieu le renouvelle chaque jour par sa Parole qui est à l’œuvre. La fête de Pâques nourrit notre espérance et notre action de grâce pour le Salut opéré dans la grande victoire du Christ sur la mort.

A tous, frères et sœurs bien-aimés, je souhaite une Joyeuse et Sainte Fête de Pâques. Puissiez-vous vivre déjà abondamment la joie de la résurrection.

Abbé Hervé GODIN, curé