Cette citation extraite du livre du prophète Isaïe (11,1) a résonné tout le temps de l’Avent qui nous préparait à l’Avènement du Sauveur, Jésus-Christ, Dieu fait homme, salut offert à tous les peuples. Le Christ est le plus beau des enfants des hommes selon l’Écriture et le plus parfait, le plus ultime des fruits de cette descendance bénie par le Seigneur. Ce rameau toujours vert me faisait penser au bel arbre que l’on voit dans nos rues et dans nos églises à l’occasion de Noël.

Car oui, le sapin de Noël n’est pas du tout un rite païen ou laïc comme on l’entend dire quelquefois mais il tire son origine fort complexe de l’héritage chrétien. Son origine ancienne se trouve dans le catholicisme médiéval et il reviendra à la mode avec le protestantisme des pays germaniques. Au Moyen-Âge, en effet, on avait l’habitude pendant le temps préparatoire à Noël de faire jouer sur les parvis des cathédrales des pièces de théâtre appelées Mystères qui représentaient toute l’histoire du Salut depuis les origines jusqu’à la naissance de Jésus. On représentait ainsi une grande fresque biblique en tableaux successifs montrant, la création par Dieu, la chute originelle puis les patriarches et les prophètes jusqu’à la naissance de l’enfant de Bethléem. L’histoire commençait donc dans le jardin d’Éden aux pieds du fameux arbre de la connaissance du Bien et du Mal dont Dieu avait réglementé l’accès.

Mais pour l’accessoiriste, un défi se posait : comment trouver un arbre fruitier encore vert avec ses fruits en plein décembre sous cette latitude ? Seul le sapin de nos forêts du nord de l’Europe conservait son vert tendre. C’est ainsi qu’on prit l’habitude de couper un sapin pour le placer dans le décor du jardin du paradis. Et pour faire les pommes (la fameuse pomme d’Adam qui n’est en fait qu’une mauvaise traduction de « Pomum » en latin qui veut dire fruit à pépin en général) on accrochait aux branches du sapin des boules rouges ou des pommes de pin. Voilà comment est né le sapin de Noël. Le protestantisme le remettra en vigueur dans les pays de l’Est de l’Europe préférant le sapin à la crèche beaucoup trop figurative pour l’iconoclasme protestant. Mais cette tradition chrétienne du sapin nous rappelle que le Christ, le Fils de Dieuvenu dans la chair à Noël est le Sauveur c’est-à-dire celui qui vient rétablir l’amitié entre Dieu et les hommes, amitié perdue par la prévarication de nos premiers parents. Noël est donc une fête merveilleuse, commencement de notre Salut, signe d’un amour immense
de Dieu pour nous qui ne pouvait se résoudre à voir sa créature se perdre. Comme aiment à le répéter les Pères de l’Église après Saint Athanase : « Dieu s’est fait Homme pour que l’Homme devienne Dieu. » (c’est-à-dire partage la vie même de Dieu)

Quelle formidable espérance suscite cette fête de Noël pour notre monde qui en a tant besoin ! En vous recueillant devant vos sapins, pensez à l’amour immense de Dieu pour vous, il s’est fait Homme pour chacun de nous. Que cette certitude de foi soit à l’origine de votre joie! Joyeuse et sainte fête de Noël à tous !

Abbé Hervé GODIN, curé de Saint Vincent-des-Vignes