L’effort fastidieux que constitue pour moi un déménagement est parfois récompensé par d’agréables redécouvertes. Ainsi, à la faveur d’une mise en carton de ma bibliothèque, je suis tombé sur un petit livre du cardinal Ratzinger consacré à la spiritualité sacerdotale. Celui qui n’était pas encore devenu le pape Benoît XVI avait choisi pour titre de son traité : Serviteurs de votre Joie. Quelle merveilleuse définition de la vie des prêtres ! Nous sommes ainsi choisi par élection du Seigneur, pris d’entre les hommes, par pure gratuité et non en vertu de nos mérites, pour porter au monde la joie véritable, celle qui nous vient de la certitude que le salut nous est offert en Jésus Christ.
Le Christ a ainsi voulu que son œuvre rédemptrice soit prolongée par l’Église dans la célébration des sacrements et en particulier de l’eucharistie et de la réconciliation pour lesquels il a institué le sacerdoce ministériel. Au moment où je quitte le Pays de la Mée dans le nord de la Loire Atlantique pour venir dans le vignoble nantais, c’est cet état d’esprit qui m’anime. C’est avec une grande surprise, je dois le confesser, avec un peu de crainte mais aussi avec une joie immense au cœur devant la beauté de la mission, que j’ai reçu l’appel de notre évêque à devenir votre curé. Dans la lettre de nomination qu’il m’a fait parvenir, Mgr Percerou reprenait les termes du concile Vatican II : « Je vous nomme curé de la paroisse Saint Vincent des Vignes avec tous les droits et obligations que cette mission comporte dans la paroisse. Avec les charismes qui vous sont propres, vous y remplirez les trois fonctions presbytérales d’enseignement, de sanctification et de gouvernement selon la mission qui vous est désormais confiée. Elle fait de vous mon coopérateur « à un titre spécial » que précise le décret de Vatican II sur la charge pastorale des évêques dans l’Église (au n°30.) »
La joie qui nous vient du Seigneur dans son œuvre de salut est assurée par la continuité dans la Tradition apostolique. Le curé de la paroisse comme coopérateur de l’évêque devient le pasteur d’une portion du peuple de Dieu qui se trouve sur le territoire paroissial pour lui donner les secours dont il a besoin. Cette triple mission d’enseignement, de sanctification et de gouvernement qui lui revient en propre, le curé la porte avec les laïcs qu’il a choisi pour l’aider et le conseiller dans cette tâche. Il peut aussi compter sur l’aide fraternelle des diacres qui manifestent pour l’Église la dimension du service de la charité. Je voudrais donc remercier déjà tous ceux que je reçois comme collaborateurs. A un titre spécial, je voudrais ici nommer Marie Morgand qui assure la coordination pastorale sur la paroisse ainsi que les trois diacres qui servent sur notre paroisse et les nombreux laïcs bénévoles qui participent à la vie de la paroisse. Je n’oublie pas non plus le Père Clair, qui met sa sagesse et son dévouement au service de notre vie chrétienne. Il est pour moi un grand frère dans le sacerdoce. Au fil des mois qui viennent, nous allons apprendre à nous découvrir et à chercher le Christ, source de notre joie. Le Père Stéphane, mon prédécesseur, et le Père Dominique ont beaucoup œuvré pour que la transition se passe bien entre nous et je les en remercie. Je leur souhaite à tous les deux une belle poursuite de la mission dans les lieux dans lesquels ils ont été nommés.
Un changement de curé, c’est un changement de personnalité et donc de style mais c’est aussi un temps d’apprivoisement et de découverte de part et d’autres. Il va me falloir un peu de temps avant d’être en mesure de bien maîtriser le fonctionnement de notre paroisse dont j’admire la vitalité et le dynamisme. Je vous demande donc déjà pardon pour les inévitables « loupés » qui jalonneront probablement les premiers mois d’exercice de ma charge. Je me recommande donc à votre bienveillance et à votre patience.
Je peux déjà vous dire que je vous garde dans ma prière depuis le jour de ma nomination. C’est la mission principale d’un curé, d’avoir le souci des âmes. Dans l’attente de vous rencontrer, je me confie à votre prière afin que je sois toujours plus serviteur de votre joie.
Abbé Hervé Godin
Curé de Saint-Vincent-des-Vignes




