Depuis peu, après ce temps de confinement, nous voyons fleurir à travers les médias ce souci qu’ont beaucoup de s’interroger sur l’avenir. Il va bien falloir tourner la page et chacun y va de ses propositions. Car nous le savons, le temps d’avant ne reviendra pas. A l’avenir, il faudra vivre avec ce genre de menace qui nous replongera dans l’inquiétude. Si tant est que nous sortons de cette pandémie meurtrière, nous ne pouvons en sortir indemnes.
Regardons : Il y a d’abord « l’après-virus » immédiat : sortir à nouveau, revivre, retrouver nos relations physiquement, au travail, avec nos proches, en Église et petit à petit à travers nos activités associatives ou paroissiales… l’école pour les plus jeunes… nombre d’activités qui nous rappellent à quel point l’homme est avide de contacts, d’engagements, de consommation aussi. Combien de fois entendons-nous que l’on ne peut laisser le tissu économique s’en aller à vau-l’eau ? Et cela est bien légitime.
Pendant ce temps de confinement, par la force des choses, beaucoup de nos soi-disant « besoins » n’ont pu être satisfaits. Bien vécu parfois et nous avons pu en prendre conscience à travers des échanges, des témoignages que nous avons entendus çà et là ; plus mal vécu aussi par des personnes âgées, en situation de précarité, en promiscuité familiale, en perte d’emploi, etc,… De là est née la question : « Mais, au fait, de quoi avons-nous réellement besoin ? Quel monde voulons- nous ?

Ainsi à long terme il pourrait peut-être naître une réflexion personnelle mais aussi collective qui nous ferait délaisser une frénésie de la consommation pour nous orienter alors vers une démarche plus humaine, solidaire, prévoyante et respectueuse de notre monde et de la nature.
L’alerte a déjà été donnée bien avant cette pandémie :
– L’encyclique du Pape François – Laudato Si-,
– Des mouvements écologistes,
– Des mises en garde d’économistes,
– Des associations humanitaires, etc,…

Notre devoir de citoyen du monde et de chrétiens est de participer à « l’invention de temps d’après ». Je reprends dans ce sens les mots de Pierre Rahbi qui parle d’une : « sobriété heureuse » et « invite à une forme de simplicité et de gratitude qui donne à notre présence au monde un sens et une légèreté singulière ».

Rien n’est joué, tout est encore possible si nous voulons
sauver la création et placer l’homme en son milieu.

Pierre-Yves CAILLAUD – diacre